Le récit s'ouvre sur une scène surréaliste : Alice, convoquée comme témoin dans le procès du Valet de Cœur, se retrouve dans une position inconfortable. Ayant atteint une taille démesurée — elle se sent « nearly two miles high » — elle domine la salle d'audience, rendant les autres personnages dérisoires. Son arrivée provoque un chaos immédiat, renversant le « jury box » rempli d'animaux. Lorsqu'elle est interrogée par le Roi de Cœur sur ce qu'elle sait de l'affaire, sa réponse est sans appel : « Nothing at all ». Cette interaction souligne le décalage entre la réalité physique d'Alice et le cadre rigide, bien qu'absurde, de la justice du Pays des Merveilles.
Le Roi, tentant de maintenir son autorité, invoque la « Rule 42 », décrétant que toute personne mesurant plus d'un mile doit quitter le tribunal. Alice, forte de sa nouvelle stature, défie ouvertement cette injonction : « I'm not going and you can't make me ». La tension monte lorsque le Lapin Blanc présente une lettre comme preuve. Le Roi, obsédé par les apparences, décrète que le Valet n'est pas un « honest man » simplement parce que la lettre n'est pas signée. La lecture de ce document par le Lapin Blanc ne fait qu'accentuer le non-sens : personne ne comprend un seul mot de son contenu. Le Roi, dans un élan de logique circulaire, déclare qu'il s'agit de la « most important evidence », illustrant parfaitement la vacuité de ce système judiciaire où l'on cherche du sens là où il n'y en a pas.
Le paroxysme est atteint lorsque la Reine, fidèle à sa nature tyrannique, exige : « Punishment first, decision afterwards ». Face à cette injustice, Alice, ayant atteint sa taille réelle, reprend le contrôle de la situation. Elle porte un jugement définitif et libérateur sur ses interlocuteurs : « You're nothing but a pack of cards ». Cette réalisation brise le sortilège. Les personnages perdent leur substance et se transforment en un simple « pack of cards » qui tourbillonne autour d'elle. Ce moment de « fluttered and flew » marque la transition brutale entre le rêve et la réalité.
Alice se réveille sur la berge, accueillie par le sourire de sa sœur. Le retour au monde réel est marqué par un sentiment de nostalgie pour ce « curious dream ». Alice énumère ses rencontres marquantes — le « caterpillar », le « hatter », le « cat that smiled » — tout en étant débarrassée des feuilles mortes par sa sœur. Ce récit se termine sur une note douce-amère : l'aventure est terminée, mais la porte reste ouverte à l'imaginaire, laissant entendre que, peut-être, Alice retournera un jour dans ce monde où la logique ne tient qu'à un jeu de cartes.